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L'absentéisme des ministres ravive les tensions au Parlement
Publié dans Maroc Diplomatique le 06 - 05 - 2025

Lundi, la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants s'est transformée en un théâtre d'affrontements politiques, révélateur d'un malaise persistant au sein de l'institution parlementaire marocaine. En cause : l'absence récurrente de plusieurs membres du gouvernement, un sujet devenu une pomme de discorde entre l'exécutif et les élus, notamment de l'opposition.
Le climat a basculé lorsque le chef du groupe socialiste, Abderrahim Chahid, a pris la parole pour dénoncer ce qu'il qualifie d'« absentéisme structurel » au sein du gouvernement. À l'appui de ses critiques, une liste précise de ministres souvent absents : Zakia Driouich (Pêche maritime), Fatim-Zahra Ammor (Tourisme), Karim Zazad (Investissement), Nadia Fettah Alaoui (Economie et finances), Hicham El Sabiry (Insertion économique) et Omar Hajira (Commerce extérieur). Une prise de position directe, que Chahid a assortie d'une requête formelle : que le Parlement saisisse officiellement le gouvernement pour obtenir des explications.
L'initiative a été accueillie avec hostilité par les députés de la majorité. Allal El Omrani, membre du Parti de l'Istiqlal, a jugé la démarche « inappropriée » et dénoncé un « dangereux précédent » qui, selon lui, menace la cohésion institutionnelle. Il a rappelé que certains des ministres visés, comme Omar Hajira, étaient en déplacement officiel à l'étranger. Mais les arguments n'ont pas suffi à contenir la tension.
Le débat a rapidement dégénéré. Dans un échange tendu, le député El Ayachi Ferkhar s'est heurté violemment au président de séance, Mohamed Ouzzine, qui, excédé, a lâché devant l'assemblée : « Ce sont exactement ces types qui ne changent rien. Ils restent plantés là à crier, sans rien dire. » Un éclat verbal qui illustre l'ampleur de l'irritation croissante face à un phénomène que certains qualifient désormais de crise de fonctionnement parlementaire.
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Du côté de la majorité, la frustration s'est également fait sentir. Mohamed Chouki, député du Rassemblement national des indépendants (RNI), a reproché à Ouzzine de couper plus vite la parole aux membres de la majorité qu'à ceux de l'opposition, alimentant le sentiment d'un déséquilibre dans la gestion des débats. Résultat : un chaos institutionnel qui a retardé de vingt minutes le début de la session dédiée au ministre de l'Agriculture.
Face à l'ampleur de la polémique, le président Ouzzine et le député Ferkhar ont été contraints de s'excuser publiquement. Mais le mal était fait. L'interpellation sur l'absentéisme des ministres avait déjà cristallisé l'attention et dévié les débats de leur objet initial.
Dans une tentative de désamorcer la crise, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, est intervenu en appelant à la modération. Il a défendu l'engagement de l'exécutif à être présent autant que possible, précisant qu'un ministre empêché de se rendre à l'hémicycle est systématiquement remplacé. « Le gouvernement fait de son mieux », a-t-il insisté.
Mais cette justification peine à convaincre une partie de l'opinion publique et des parlementaires, d'autant que la Constitution, tout comme le règlement intérieur des deux chambres, impose une obligation de présence aux ministres, surtout lors des séances de contrôle de l'action gouvernementale. À l'heure où la confiance dans les institutions est mise à rude épreuve, l'image d'un gouvernement absent, même partiellement, alimente un malaise profond sur la qualité du dialogue entre l'exécutif et le législatif.
En toile de fond, c'est la question de la redevabilité qui ressurgit avec acuité : à quoi sert le Parlement si les ministres ne s'y présentent pas ? La scène politique marocaine devra tôt ou tard répondre à cette interrogation, sous peine de voir le fossé se creuser encore entre les institutions et les citoyens.


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