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Ramadan à Marrakech: quand spiritualité rime avec convivialité
Publié dans MAP le 24 - 08 - 2010

Les soirées estivales à Marrakech semblent cette année toutes particulières, et combien même agrémentées avec l'avènement du mois sacré de Ramadan, ce qui a donné un charme particulier à la cité ocre, qui connait, en début de soirée, une agitation et un dynamisme sans précédent, surtout après de longues journées chaudes, où boulevards, places publiques, terrasses de cafés et espaces verts sont presque abandonnés.
-Par Samir Lotfy-
A l'approche de l'heure de la rupture du jeûne, les grands axes de la ville, les ruelles de l'ancienne médina, ainsi que les différentes Souikas (petits espaces pour le commerce) connaissent une grande affluence et un engouement sans précédent de la part des visiteurs, puisqu'il s'agit de s'approvisionner et de tout préparer pour que la table du "Ftour " (rupture du jeûne) soit variée et appétissante.
En outre, les actes de bienfaisance ne cessent de se multiplier pendant ce mois sacré, car dans les différents quartiers de la cité ocre, ce sont des familles qui font montre de générosité et de solidarité, conformément aux préceptes de l'Islam et de la Souna du prophète Sidna Mohamed en prenant en charge des démunis, les rassemblant chaque soir autour d'une table du Ftour, en leur offrant vivres et nourritures, ou en les conviant à un diner riche et complet.
+ Une mobilisation de taille pour se préparer au mois de Ramadan +
A l'instar des autres villes et régions du Royaume, l'approche du mois sacré du Ramadan connait un charme particulier dans la cité ocre, puisqu'au sein de chaque " Houma " (quartier de l'ancienne médina), ce sont des espaces commerciaux (Souikates) qui sont aménagés souvent par des jeunes du quartier, qui veillent à ce que toutes les marchandises et produits nécessaires pour le Ramadan soient présentés en abondance.
Toujours fidèles aux traditions, ce sont des artisans qui investissent également ces espaces pour la commercialisation de leurs produits (ustensiles et outils de cuisine en bois ou en poterie) souvent utilisés en ce mois béni.
Chez les mères de familles, la mobilisation est de taille et pour preuve, "ces militantes" préfèrent souvent se réunir en groupe chez l'une des voisines pour préparer gâteaux et différentes friandises, tout en discutant et en échangeant sur des thèmes diverses, avec un sourire spontané, tracé sur les visages et un enthousiasme assez remarquable.
Au coucher du soleil, les enfants jouaient et chantaient dans les ruelles de l'ancienne médina en signe de joie de l'avènement du mois sacré du Ramadan, les pères de familles et les personnes âgées préfèrent se rencontrer dans la mosquée du quartier, occasion d'accomplir ensemble la prière et de prendre part à des veillées religieuses destinées essentiellement à la déclamation du Saint Coran et au ressourcement à partir de la Sunna de Prophète Sidna Mohamed.
Au cœur de l'ancienne médina comme dans tous les quartiers populaires de Marrakech, ce sont la spontanéité des habitants, leurs relations fraternelles, leur chaleur humaine et leur convivialité qui imprègnent tous les comportements, laissant constater qu'il s'agisse d'une seule et grande famille qui se prépare pour ce mois béni.
+ Une solidarité ancrée dans les traditions des Marrakchis+
Fortement attachés aux traditions ancestrales, à la sacralité des préceptes de l'Islam et aux valeurs de tolérance et de solidarité, les Marrakchis accordent un intérêt particulier à la notion du voisinage. Un tel intérêt s'accentue davantage durant le Ramadan, une véritable occasion pour se tourner vers les voisins, les proches et les amis, à travers des actions d'entraide et de solidarité.
Cette solidarité et cette convivialité apparaissent clairement à travers la multiplication des échanges de visites entre familles, proches et amis, l'organisation de Ftours collectifs où de diners, ou tout au moins à l'aide de rencontres autour d'un verre de thé à la menthe souvent servi après la prière de " Taraouih ", avec des gâteaux et d'autres délices du Ramadan, occasion de partager des moments de joie et de divertissement.
Rien n'est étonnant si l'on sait que dans la tradition des Marrakchis, même certains plats traditionnels comme " la Tanjia " et le Couscous sont souvent préparés en grande quantité et donc nécessitent d'être mangés collectivement, en présence des membres de la petite et grande familles ainsi que des proches, amis et voisins, d'où leur particularité et leur charme.
Tellement respecté dans l'ancienne médina de Marrakech, ce bon voisinage fût aussi et depuis des siècles de l'histoire, consolidé par l'Islam et surtout par la manière, dont fut bâtie l'ancienne médina, laquelle a permis de réunir, côte à côte, les familles aisées, celles de niveau moyen ainsi que celles nécessiteuses. Une composition à l'apparence " hétérogène " mais qui a beaucoup favorisé la vulgarisation et la généralisation des principes d'entraide et de solidarité sociale entre les habitants.
Cette solidarité atteint son apogée durant la nuit du 15 Ramadan, durant "laylat Al Qadr " (nuit du 26 Ramadan) où les habitants de l'ancienne médina se réunissent avant de se diriger ensemble vers la mosquée la plus proche pour accomplir collectivement la prière de Tarawih.
Il en est de même lors d'Aïd Al Fitr, où cette solidarité est traduite par l'octroi de la "Zakat" aux voisins les plus nécessiteux.
Autre paysage inédit étant celui des portes des maisons qui demeurent ouvertes à longueur de journées jusqu'à une heure tardive le soir pour accueillir amis et proches dans le cadre des échanges de visites.
+ La place de Jemâa El Fna, lieu de convivialité et de solidarité par excellence+
Connue par son effervescence tout au long de l'année, la mythique place de Jemâa El Fna s'érige en un lieu de convivialité et de solidarité, par excellence, durant ce mois béni, en accueillant à l'approche de la rupture de jeûne, des groupes de visiteurs marocains et étrangers qui préfèrent s'attabler dans un restaurant de la place, pour déguster une variété de plats et de spécialités de la pure cuisine marocaine et locale.
S'attachant aux coutumes et aux traditions ancestrales marocaines, ces restaurants typiques offrent, tout au long du mois sacré du Ramadan, des repas riches et variés de manière à satisfaire tous les goûts, mêmes ceux les plus exigeants, ce qui ne tarde guère à susciter une grande admiration de la part d'une clientèle qui, tout en quittant ces lieux, affiche déjà un désir d'y revenir dès que l'occasion se présente.
Ce qui est surprenant dans la place, c'est qu'elle a été très bien organisée, ces dernières années, puisque chaque restaurant et vendeur dispose désormais d'une place qui est la sienne pour exercer son commerce ainsi que d'une plaque métallique où sont affichés, de manière lisible, son nom et son numéro. L'objectif est de faciliter la tâche devant les services de contrôle et d'hygiène.
Outre les prix raisonnables pratiqués par les restaurateurs de la place, nombre de bienfaiteurs préfèrent s'orienter vers cet espace de convivialité pour prendre en charge quotidiennement plus de 300 personnes se rendant à Jemâa El Fna, à l'heure de rupture de jeûne, en leur offrant gracieusement vivres et nourritures.
+ Marrakech au charme particulier du mois sacré du Ramadan +
Après la prière de Tarawih, les différents axes et artères de la cité ocre connaissent une ambiance particulière qui confère à cette cité un charme particulier et contribue largement à son animation socio- économique et culturelle.
Alors que certains habitants préfèrent investir les terrasses des cafés pour discuter entre amis et proches, d'autres notamment les personnes âgées font des espaces verts et des jardins publics, leurs refuges, préférant ainsi profiter de la fraîcheur de ces squares et des odeurs florales, tout en s'installant autour des fontaines.
Non loin encore, ce sont des groupes de jeunes munis d'instruments de musique qui, en dansant et en chantant, créent de l'ambiance dans ces endroits permettant ainsi aux visiteurs et aux passants d'apprécier des chansons du répertoire musical local, genre " Tkitikates ".
D'autres au contraire préfèrent jouer aux cartes ou tout au moins disputer un match de mini-foot, ou encore se balader à vélo, au moment ou des gourmets munis de vivres et de nourritures préfèrent s'installer dans un coin un peu discret pour goûter une délicieuse " Tanjia ", soigneusement préparée avant et servie avec des verres de thé à la menthe.
L'animation artistique et musicale a sa place également durant ce mois sacré, puisque nombre de cafés et de restaurants accordent une place primordiale à la musique, en proposant chaque soir aux clients, dans une ambiance festive créée par des musiciens et orchestres, des menus variés.
D'autres notamment parmi la classe des intellectuels préfèrent, quant à eux, se rendre à un coin calme pour la lecture, où prendre part à des soirées culturelles et artistiques organisées en ce mois sacré, par nombre d'associations, notamment dans les centres culturels et les bibliothèques de la ville, ou encore assister à des veillées religieuses.


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